ARTICLES

La santé du cheval au naturel… entre fantasme et réalité

Cela fait un moment que je souhaite écrire sur le sujet et je le fais seulement maintenant car je risque de déstabiliser pas mal de personnes. Mais comprenez que ce n’est que dans un objectif de lucidité, de justesse et de bien-être réel pour nos compagnons sabotés.

En shiatsu, nous avons accès à des informations sur la santé du métabolisme d’un individu par le toucher. Nous recueillons également les informations venant de différents examens biologiques réalisés par les vétérinaires, et les compte-rendus d’autres intervenants comme les ostéopathes.

Il est d’usage dans l’équitation de loisir de considérer que le box, les fers et l’alimentation céréalière sont trois composantes majeures de l’altération de la santé chez les chevaux. Je ne dirai certes pas le contraire.

Il est aussi malheureusement d’usage la plupart du temps de considérer que lorsque le cheval a de l’herbe et du foin  toute l’année, il n’a besoin de rien d’autre. Il y a là un problème car les chevaux sont facilement exposés à des carences dans ce cas.

Il est aussi courant pour les propriétaires en quête de relationnel et de bien-être pour leur cheval, de considérer que le loulou qui vit au pré tout le temps avec des potes, pieds nus, sans mors, en travaillant 2h par semaine quand c’est le rush, est un loulou heureux et en bonne santé, contrairement à ces « pauvres » chevaux de sport. Je mettrais un gros bémol.

Actuellement je travaille sur beaucoup plus de chevaux de sport (dressage et CSO) qu’au début de ma pratique. Et force est de constater que les chevaux de loisir en vacances ne sont pas en meilleure santé que les chevaux de sport. Ils n’ont pas les mêmes problèmes récurrents, mais il m’est impossible de dire objectivement que les uns sont en meilleure forme que les autres.

Les pathologies les plus courantes que je rencontre chez les chevaux de sport :
– dorsalgies / cervicalgies/ tensions dans l’ATM (articulation temporo-mandibulaire)
– transit altéré
– ulcères de l’estomac
– masses musculaires en surtension
– tendinites / desmites
– migraines

Les pathologies les plus courantes que je rencontre chez les chevaux « en vacances » :
– emphysème
– dermite estivale (ou pas)
– fourbure
– embonpoint sévère
– migraines
– transit altéré

Je passe sur les maladies venant de facteurs extérieurs : Lyme, piroplasmose, ehrlichiose (plus souvent chez les chevaux vivant en extérieur bien sûr car transmises par les tiques) et Leptospirose (plus souvent en écurie, surtout si alimentation céréalière mal protégée, car transmise par les rongeurs).

De plus, j’ajouterais que lorsque j’interviens sur un cheval de sport, il suffit de très peu de choses pour que le cheval ressente les effets de la séance : le métabolisme est très réactif. Les séances sont donc très « spectaculaires », mais surtout il faut moins d’interventions pour le même résultat que sur un cheval au métabolisme endormi par un manque d’activité physique.

Alors soyons clairs :  OUI un cheval a BESOIN de contacts sociaux, de se déplacer toute la journée, de manger toute la journée. NON il ne digère pas bien l’amidon contenu dans les céréales et oui, ce type d’alimentation génère une acidose non favorable. OUI les systèmes vasculaire et articulaire sont lésés par les fers. OUI le travail en force et dans des attitudes figées génère nombre de douleurs sur le rachis et dans l’ATM. OUI le débourrage précoce est une grave erreur de mon point de vue, comme le sevrage tout aussi précoce. Il y a donc tout un contexte associé au cheval de sport qui pose de gros problèmes émotionnels et physiques.

Mais le fait est que leur activité physique régulière les sauve, la plupart du temps.

Un métabolisme endormi comme j’en rencontre tant sur les chevaux qui manquent d’activité physique est un métabolisme qui laisse place plus facilement à la maladie, à l’accumulation de toxines, aux pathologies fléaux que nous connaissons tous.

N’oublions pas que dans la nature, les chevaux doivent fuir, se déplacer énormément plus, il y a une saison de monte, très fatigante pour l’étalon, mais aussi des luttes de territoire, la gestation et l’allaitement pour les juments… bref la vie au naturel sollicite bien davantage le métabolisme des chevaux que ce qu’on leur propose dans un pré avec des potes, même si c’est un pré de 7 hectares… même si c’est un « paddock paradise ».

Chacun est libre de ses choix bien sûr, la perfection n’est de toute façon pas de ce monde 🙂 Et il y aura toujours des exceptions 🙂 Mais ce que j’ai constaté m’a d’abord surprise,… j’ai donc pensé qu’il serait intéressant de le partager.

A mon avis, un cheval qui a le meilleur terrain pour être en santé est un cheval qui vit dans des conditions qui respectent ses besoins (vie dehors avec congénères, fourrage à disposition en permanence, complément minéral vitaminé toute l’année, dents et pieds correctement entretenus, surveillance de l’infestation, soutien de la fonction hépatique aux moments opportuns – à voir avec votre praticien shiatsu – ) ET qui a une activité physique réelle et régulière. Evidemment plus le matériel sera adapté, plus la progression dans le travail sera respectée, mieux ce sera. A chacun de voir ce qui lui convient et ce qui plait à son cheval 🙂

Comme vous je cherche, comme vous j’ai été d’un extrême à l’autre en fonction des moments dans ma vie équestre, comme vous je souhaite devenir meilleure pour mériter le magnifique cadeau que les chevaux nous font. Et pour vous et pour eux , je partage.

 

L’amour et le pouvoir

J’ai découvert aujourd’hui une magnifique citation de Martin Luther King.

« Un des plus grands problèmes de l’histoire tient au fait que l’on fait habituellement contraster les concepts de l’amour et du pouvoir comme les opposés d’une polarité. L’amour est regardé comme le renoncement au pouvoir et le pouvoir est considéré comme le déni de l’amour… »

Ce passage fait directement écho à ma vision des choses sur les notions de confiance et de respect. La confiance comme quête d’amour et le respect comme quête de pouvoir. Les deux ne sont pas des opposés comme on l’entend trop souvent…
Pourquoi la confiance et le respect sont une seule et même chose

La suite de la citation a des portées encore infiniment plus larges. Ces notions d’amour et de pouvoir concernent absolument tout type de relation, qu’elle soit inter-espèces, relations de couple, d’amitié, entre gouvernants et gouvernés…  je vous laisse déguster :

« Ce qui est nécessaire, c’est de réaliser que le pouvoir sans amour est téméraire et abusif, alors que l’amour sans pouvoir est sentimental et anémique.

Le pouvoir à son meilleur, c’est l’amour mettant à exécution les exigences de la justice.

La justice à son meilleur, c’est l’amour corrigeant tout ce qui fait obstacle à l’amour. »

Bonne méditation… 🙂

 

Pourquoi la confiance et le respect sont une seule et même chose

On parle souvent de Confiance et de Respect avec le cheval…
Certains estiment que quand on gagne en confiance, on perd en respect et inversement.

Ceci part du postulat que la Confiance réside en « ne pas avoir peur de » et que le Respect réside en « se méfier de » (se méfier d’un stick, se méfier d’une intention…).

Je vois les choses différemment et ça se vérifie avec tous les couples que j’ai pu aider et aide encore.

La Confiance, ça se mérite. C’est bien au-delà de « ne pas avoir peur de ». C’est « se fier à ».
Et « se fier à », pour un cheval, ça nécessite bien des qualités : la gestion de ses émotions, l’assurance de ses gestes et de son intention, la justesse de sa demande, la connaissance des limites de chacun, l’adaptabilité aux contextes…
Etre digne de confiance, c’est ne jamais mettre l’autre en situation de danger, ne pas le trahir, ne pas lui mentir, le protéger…

Et que se passe-t-il quand un cheval se fie à vous ? Il vous Respecte !

C’est ainsi qu’en séance on observe le cheval se détendre, bailler, se placer spontanément en suiveur, venir faire sa sieste à côté de nous, cesser de se préoccuper de son environnement pour, enfin, voir l’humain devenir un protecteur bienveillant.

Le cheval cesse de prendre des décisions qui ne sont pas les siennes.

Oui, le cheval est un suiveur et non, un cheval ne prend pas le dessus sur l’humain par plaisir. C’est très anxiogène de le faire ! Un cheval prend « les commandes » quand, de son point de vue, il est obligé de les prendre. Si l’humain ne semble pas gérer la situation, le cheval agit en suivant ce qui est ancré dans ses gènes pour assurer sa survie : fuir, se regrouper, se reproduire, manger, …

Un cheval ne va donc prendre des responsabilités générant une forte anxiété chez lui, que si l’humain l’entrave physiquement et le retient dans des situations qu’il ne semble pas gérer lui-même… tel un Boulet avec bras et jambes.

Passer de Boulet à Gardien, ça s’apprend. Mais ça passe avant tout par une prise de conscience, puis par un travail sur soi. Et c’est sur ce chemin qu’on grandit tant en tant qu’humain 🙂

Estelle Boukhchim

Article en lien : Mon cheval couche les oreilles… provocation salutaire

Shiatsu pour les humains : un dernier recours ?

C’est souvent seulement quand on a tout essayé avant qu’on vient au shiatsu.

Dans ma clientèle, j’ai de « simples » maux de dos qui s’avèrent être le symptôme d’un mal-être bien plus profond. Des insomnies qui révèlent de profonds traumatismes. Des obsessions qui laissent le monde médical perplexe et sont appelées « somatiques ».

La force du shiatsu, c’est de ne pas séparer le corps du mental. La douleur a peut-être (souvent) une cause psychologique. Ca ne signifie pas qu’il faille négliger cette souffrance, la camoufler ou la dénigrer.

Si le shiatsu aide, il ne faut pas non plus le considérer comme une baguette magique. Mon travail est d’une part de soulager et d’accroître les capacités d’auto-guérison de l’individu, mais aussi de savoir l’écouter, le guider, lui donner des clés pour être acteur de cette démarche.

Sortir d’un burn-out, d’une dépression, travailler sur la boulimie, faire son deuil, régler des problèmes relationnels profonds…

J’ai la chance d’avoir moi-même un parcours de vie qui m’a donné de l’expérience en matière de souffrance physique et psychologique. Ce vécu, associé à l’empathie, me donne une chance de vous aider au-delà de la pratique du shiatsu.

Pour l’humain aussi, je mise sur une démarche globale. Parce que je fais partie de ceux qui aiment autant les humains que les autres animaux… c’est dire combien !

Charité bien ordonnée…

… commence par soi-même 🙂

Le vieil adage n’a jamais été aussi actuel.

L’égoïsme n’est pas une tare.

L’abnégation, l’oubli de soi… c’est négliger son corps, son ressenti, ses émotions. Pire, c’est parfois la culpabilité de ne pas être fait de granit. Coupable d’être vivant, en somme.

Commencer par soi est la chose la plus logique qui soit. Etre épanoui, pour rayonner et être véritablement à même d’aider ceux qui nous entourent.

« Soyez gentil avec vous-mêmes. » est sans doute la phrase que je répète le plus souvent à mes clients. Parlez de vous en termes positifs, acceptez vos erreurs comme étant des expériences dont vous avez appris. Aimez la personne que vous étiez et celle que vous êtes aujourd’hui sans échelle de valeur, avec l’indulgence d’un vieux sage sur la jeunesse fougueuse.

En s’aimant soi-même on permet aux autres de nous aimer. On s’autorise aussi à aimer sans s’oublier, sans se soumettre et sans avoir besoin de dominer. On donne donc une vraie chance aux relations équilibrées, riches et bienveillantes, celles qui font une société forte et solidaire.

En un mot, commencer par soi ouvre des perspectives immenses.

Ouvre les yeux dans les yeux que tu crois avoir ouverts

Cette citation de Christiane Singer prend un sens tout particulier dans le chemin vers « être meilleur » pour ou avec les chevaux.

Ces êtres merveilleux, capables de communiquer en silence, qui ressentent nos états d’âme et y réagissent sans filtre : fuite, attirance, rejet…

Ces animaux qui savent propager leurs émotions et donc leur bien-être sans retenue.

Combien de moments magiques pendant ma pratique ! Ces instants où le compagnon de pré vient profiter du soulagement de l’autre. Voir ce cheval inconnu, que je n’ai pas touché, venir se blottir, la tête près du sol, pour un moment de sérénité pure… ou encore comme récemment, se coucher carrément auprès de celui que j’ai entre les mains, et les voir prendre plaisir ensemble, se détendre en phase…

Il suffit de savoir observer pour prendre la mesure de ce qui nous échappe dans la roue infernale du quotidien. L’instant présent, l’Amour ambiant, la bienveillance, le silence qui n’en est pas un : brise, oiseaux, feuilles, respirations, transit… Bref, la Vie 🙂

Bonheur par procuration

Les chevaux, ces éponges émotionnelles… on le sait, on le répète, mais a -t-on seulement conscience d’à quel point c’est vrai ?

Pendant une séance de shiatsu, le cheval se détend entre nos mains. Il communique son ressenti, dialogue avec nous.

Soupirs, déglutitions, yeux qui se ferment, tête qui baisse progressivement en altitude… mais aussi les muscles qui se relâchent sous les doigts, le poids du cheval qui revient dans nos mains dans un rythme régulier et apaisant.

Et puis il y a les autres chevaux alentours. Ces copains de pâture ou d’écurie, qui, discrètement, nous montrent peu à peu qu’ils ressentent le bien-être de celui qui reçoit le shiatsu. Ébrouements, sieste, grooming…

J’ai expérimenté de nombreuses fois maintenant cette « propagation du bien-être », et elle ne fait que rendre infiniment plus concrète la notion d’éponge émotionnelle… l’impact que nos propres tensions peuvent avoir sur eux… ainsi que nos joies ! 🙂

Pression environnementale

« Le portrait de notre monde moderne montre une réalité qui a muté au fil des siècles, de la famille étendue à la famille nucléaire et enfin à l’individu seul. C’est un fait que la désaffection pour la communauté est parvenue à son apogée aujourd’hui : de plus en plus de gens vivent seuls.Il ne nous reste quasiment plus que notre peau comme frontière contre l’extérieur, contre les menaces, les troubles ou les attaques qui pourraient en venir. Pour parvenir à survivre dans ce vase clos, une seule et même personne doit combiner de multiples compétences (…). »

« Nous vivons dans un monde qui exige de chacun de nous son absolu maximum. »

K. F. Hempfling

Cette pression environnementale, nous la transmettons aux chevaux, comme toutes les émotions positives ou négatives qui nous bouleversent.

La société nous invite à entrer dans une quête de performance, en oubliant souvent l’instinct, l’intuition, le « vrai ». Passer un moment à être avec son cheval et simplement ressentir sa présence, son souffle… ça fait sourire. Mais ce n’est pas suffisamment démonstratif pour que d’autres y accordent de l’importance.

Ainsi, lorsqu’on est en quête de reconnaissance, on se sent obligé de montrer une palette de compétences, généralement au dépend de l’authenticité.

C’est perdre de vue l’incroyable privilège que les chevaux nous donnent : celui de pouvoir nous extraire de la pression du monde, de passer dans un espace hors du temps et des jugements, avec pour seul baromètre l’expression de cet être sublime.

« L’essentiel…

… est invisible pour les yeux »

Rien de bien nouveau, mais Le Petit Prince est toujours de bon conseil.

Privilégier la manière et non le clinquant, rendre son importance au chemin plutôt qu’au résultat…

Rester fidèle à soi-même et droit dans ses bottes, ne pas faire pour séduire, ne pas séduire pour plaire, mais se contenter de construire pierre après pierre et avec le même soin chaque fois, pour tendre vers un idéal.

Et voir cet idéal s’approcher parfois, nous donner un avant-goût le temps d’un instant, juste assez pour nous donner la motivation de continuer sur cette voie.

Les chevaux, si beaux soient-ils, ne sont pas des objets de collection, qu’on affiche dans son salon ou dans son écurie pour qu’on nous admire d’en être propriétaire. Les chevaux sont des êtres à part entière, qui ont une vie à eux et une capacité de jugement qui leur est propre. Ils savent se mouvoir sans nous et être brillants sans nous. Dès lors qu’on travaille avec eux, il est facile de choisir le spectaculaire comme faire-valoir. Un cheval à la nuque ployée, un cabrer, un coucher, un piaffer…

Tout ceci est vendeur, accrocheur, mais peut être obtenu de tellement de façons différentes que ce ne sont pas nécessairement des manifestations d’un travail réalisé avec la manière.

L’essentiel est invisible pour les yeux. L’essentiel, c’est le psychisme du cheval dans ces exercices et au quotidien, c’est son état de santé, c’est sa décontraction, son plaisir, sa coopération.

Mon cheval couche les oreilles… provocation salutaire

Quand on m’appelle pour un cheval qui arrache la longe, qui tracte, qui tape ou qui est « ingérable », généralement les propriétaires omettent dans un premier temps de parler des menaces.

C’est quand je cherche à approfondir avec eux qu’ils finissent par me dire que le cheval est menaçant et les impressionne depuis un moment déjà.

Pourquoi ? Parce que tant qu’il n’y a pas eu pire que les oreilles en arrière, on estime généralement qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter : « il est ronchon », « c’est une pisseuse » et autres expressions qui permettent à l’humain de dénigrer ce que lui dit son instinct afin de se rassurer inconsciemment.

(Je parle ici dans l’hypothèse où on a écarté la douleur comme cause de mauvaise humeur.)

J’arrive donc généralement après, quand les comportements plus flagrants arrivent (cabrer, longes arrachées, coups de pied, rapports de force en tous genres …).

Que le cheval semble chercher la confrontation ou qu’il soit en fuite, le problème est le même.

Les chevaux ont pour besoin premier leur sécurité.

Si par votre attitude, le plus généralement de manière tout à fait inconsciente, vous laissez passer le message à votre cheval que vous n’êtes pas fiable, celui-ci verra en vous un boulet freinant son instinct de survie. Pourquoi ? Parce qu’il estime qu’en cas de danger non seulement il ne pourra pas compter sur vous pour prendre la décision qui s’impose, mais en plus vous entravez physiquement sa capacité à fuir.

Vous êtes donc la personne qui le met potentiellement dans la pire situation : être retenu en situation douteuse.

Voilà pourquoi votre cheval couche les oreilles et vous bouscule de l’épaule :  vous lui avez laissé passer le message que vous ne tenez pas la route. Peut-être en vous effaçant sur son passage, peut-être en vous y prenant à 10 fois pour réaliser un exercice, peut-être en vous laissant emporter par vos émotions à plusieurs reprises, peut-être en abandonnant trop vite une idée à la première embûche, peut-être en mettant votre cheval en situation dangereuse, plus ou moins accidentellement (d’un accident en commun à l’envoi dans un terrain dangereux, par exemple), peut-être en vous contre-disant sans cesse… et peut-être un peu de tout ça…

Mais si votre cheval vous provoque, c’est aussi une chance : celle de vous rattraper.

Une fois la prise de conscience effectuée (c’est à ça que je sers, entre autre), il faut travailler sur vous pour corriger vos erreurs inconscientes. Il y aura aussi une étape brève mais terriblement importante, où vous allez devoir prouver votre valeur en tant que décisionnaire. Tant qu’il ne sera pas convaincu, votre cheval ne cessera de vous provoquer jusqu’à ce qu’il estime que vous méritiez sa confiance.

(cf Pourquoi la Confiance et le Respect ne sont qu’une seule et même chose)

Car au final, le confort du cheval est bel et bien d’avoir un leader, pour se mettre en position de suiveur, sans avoir à craindre pour sa sécurité.

Ne vous étonnez donc pas s’il vous pousse, vous chahute dans vos faiblesses, si ça remue beaucoup de choses en vous. Pour grandir avec les chevaux, il faut travailler là où ça fait mal. Car enfin, si vous vous effacez, si vous perdez le contrôle de vos émotions, si vous doutez, c’est que vous avez des bagages émotionnels dont il faudra peu à peu vous délester.

Ne croyez pas que parce que le cheval est un bon thérapeute, il se doit d’apprécier qu’on déverse nos émotions négatives sur lui. Il n’en est rien, loin de là ! Il est certes capable de vous aider à passer certains caps, mais ne vous laissera pas longtemps vous apitoyer, au risque de vous provoquer, et c’est bien en cela qu’il est un bon ami 🙂

Plus ou moins consciemment, le cheval nous pousse à devenir meilleur, pour son propre confort.

Estelle Boukhchim